Universidad Nebrija

revista.la@nebrija.es | ISSN 1699-6569 | Publicación semestral

De la recherche sociolinguistique à la compétence interculturelle
Stella Maria Karamagkiola
Centre de Recherches Sémiotique
stella-maria.karamagkiola@etu.unilim.fr
RESUMEN

À travers la recherche sociolinguistique en terrain que nous avons effectué, nous voulons montrer que ses résultats peuvent s’utiliser comme principale méthode pour la communication interculturelle. La question se développe et se pose autour d’un cas insulaire. Notre cas consistera un paradigme pour d’autres cas dialectaux en Europe1.

Palabras clave: perspectives interculturelles, recherche en terrain, sociolinguistique

ABSTRACT

La question se développe et se pose autour d’un cas insulaire. La particularité réside sur son dialecte/idiome et ses emprunts latins; L’analyse de la recherche en terrain nous aide à mieux analyser les vrais problèmes linguistiques ; des problèmes de psycholinguistique aussi que nous confronterons pendant la recherche nous aide à voir comment le public conceptualise cette particularité. Cela est un facteur catalytique sur lequel nous pourrons appuyer et proposer un autre modèle interdisciplinaire ; et cette problématique dans un autre axiome : au développement des valeurs à travers les savoirs être/événements socioculturels, qui reflètent dans une base linguistique globale sur laquelle la dimension interculturelle prend sa vraie dimension.

Keywords: perspectives interculturelles, recherche en terrain, sociolinguistique

 

1. LA NOTION DE L’INTERCULTURALITÉ

La mondialisation des marchés économiques et le flux croissant de populations qu’elle engendre font de l’interculturel un sujet à la mode. Ces problématiques sont analysées depuis bien longtemps par ceux qui tentent de comprendre les mécanismes culturels qui conditionnent les échanges, y compris en situation d’apprentissage dans tout le public. Cependant, dans le cas lingua phones dialectaux la « prise de conscience interculturelle » exige une approche particulière et elle mérite une autre perspective aussi. Souvent nous entendons : le défi interculturel que doit révéler l’enseignant de langue étrangère n’est plus seulement d’enseigner la langue et la culture mais aussi de montrer comment la culture maternelle du public entre en interaction avec la culture de l’autre. Et si sa propre langue maternelle était déjà en interaction avec la culture et la langue maternelle de l’autre mais qu’il n’arrivait pas à en prendre conscience? Avant l'étude de cette interaction avec la culture de l’autre, ne faut-il pas d’abord poser l’interculturalité au niveau linguistique comme une problématique de sa propre origine ?

Dans un premier temps, pour pouvoir définir l’interculturalité et finalement passer à sa propre structure linguistique, nous allons essayer de la définir; Nous accepterons deux différentes définitions dans leur sens globale :


Définissons d’abord l’interculturalité avec Claude Clanet comme « l’ensemble des processus – physiques et intra physiques, relationnels, groupaux, institutionnels – engendrés par ces mises en relation, ainsi que les changements et les transformations réciproques qui en résultent ». L’interculturel comme mouvement d’idées est la reconnaissance de cette réciprocité et la volonté de conduire vers un but d’humanisation culturelle réciproque. Cela implique aussi que l’interculturel propose de développer une attitude positive à l’égard des autres cultures. (Clanet : 132)


D’après Vinsonneau , avant la définition du terme, il considère qu’il faut bien accéder, à la compréhension des phénomènes interculturels, comme l’affirme C. Camilleri (1990

p. 40). Il faut donc concevoir des formations « amenant les jeunes à assimiler ce qu’est une culture au sens anthropologique ; à comprendre le point de vue de l’autre même si on le partage pas, ce qui implique une intelligence correcte de « relativisme » ; à légitimer l’identité culturelle tout en empêchant sa sacralisation, en montrant qu’elle est seulement la dimension culturelle de l’identité. Et surtout à protéger les échanges, aider à assumer sans culpabilisation les prises de distance et positionnements personnalisés qu’ils favorisent. Autrement dit, cette éducation vise un projet dialectique : assurer le respect de différences, mais dans le cadre d’un système d’attitudes autorisant leur dépassement ». (Vinsonneau 2000 : 174)


Il y a bien quelques années qu’une pléthore de différentes épistémès sur l’interculturalité sont apparues ; D’après le livre LAL, au début des années soixante mais aussi bien après, les linguistes ont rattaché la sociolinguistique, la sociologie du langage, l’ethnographie de communication etc avec une politique sociale visant à l’intégration scolaire des minorités linguistiques. Pour notre cas de lingua phones dialectaux, qui sont des minorités linguistiques, nous sommes obligés d’avoir une vision beaucoup plus spécifique afin de pouvoir proposer « une prise de conscience interculturelle ». Celle ci oblige une approche interdisciplinaire qui met en place différentes épistémès qui finalement participent analogiquement dans de diverses étapes ; comme un fil composé de différents nœuds et dont chaque nœud exige son propre démêlement…


2. LA RECHERCHE SOCIOLINGUISTIQUE

Donc, au lieu de chercher des nouvelles méthodes pédagogiques ou bien scolaires pour le cas de linguaphones dialectaux, nous allons aborder l’interculturalité dans un autre axiome : celle de méthodes traditionnelles ; et peut être oxymore mais en même temps novatrices. Novatrices grâce à l’interdisciplinarité, les méthodes traditionnelles comme l’ethnolinguistique (y compris l’ethnologie, l’anthropologie et l’ethnographie) et la linguistique comparée (sociolinguistique et moderne dialectologie) mettent l’emphase à ces points de la langue sur laquelle la dimension interculturelle se développe ; et il s’agit, plus précisément, des outils aidant à passer de la recherche du linguiste ou bien sociolinguiste à la concrétisation de la compétence socioculturelle.

À travers la recherche sociolinguistique de terrain que nous avons effectué, nous voulons montrer que ces résultats peuvent s’utiliser comme la méthode principale pour la communication interculturelle . La question se développe et se pose pour un cas de dialecte/idiome. Comme déjà référé, dans notre article, l’accent sera mis sur deux problématiques: la recherche en terrain et les politiques éducatives (nous avons déjà fait une référencé à Claude Levi Strauss, mais nous allons voir comment ça s’implique aussi au niveau régional) pour le développement de la compétence interculturelle. Pour pouvoir trouver un modèle qui facilite la « compétence interculturelle » il faut bien maîtriser la langue. Dans notre cas, il s’agit d’un dialecte…et quelle est sa particularité? Les emprunts lexicaux…


2.1 Les mèthodes utilisées

Concernant la première problématique, notre recherche concerne un séjour de deux mois dans une île grecque : Zakynthos dans la mer Ionienne. Grâce à sa position géographique l’île était un pont « interculturel » entre l’Orient et l’Occident ; La particularité consiste sur son dialecte et ses emprunts latins; Nous avons utilisé deux méthodes celles de : Sociolinguistique de Labov: des interviews individuelles et collectives dans des espaces qui se présentent une hétérogénéité; puis de la dialectologie moderne, simplement pour la préparation du questionnaire mais également pour examiner les problèmes de psycholinguistique…Donc, dans notre recherche nous avons respecté les principes de la sociolinguistique en s’appuyant sur trois formules

• Le questionnaire était organisé en respectant les facteurs psycholinguistiques des habitants

L’interview dirigée

Le libre dialogue – free dialogue


Premièrement, les questionnaires ont été distribués aux habitants de différents villages. Il y avait comme paramètre la langue maternelle mais egalement le lieu/village dans lequel ils ont vecu. Concernant le libre dialogue, troisième et dernier outil, nous pouvons réveler qu’il s’agissait du plus efficace. La majorité de lexèmes  [2] de notre recherche ne sont des résultats ni du questionnaire ni du dialogue dirigé mais du dialogue quotidien avec les habitants. Selon Kirk , la méthode du « free dialogue » pour les cas dialectaux est considérée comme la plus pertinente.

Quelques mots usités dans vie quotidienne : Français Vénitien

1. console (fr) > κονσόλα (Gr.m.) [consola]

2. meublé (fr) > µεµπλέ (Gr.m.) [meblé]

3. buffet(fr)>µπουφές (Gr.m.) [bufés]

4. rideau (fr) > ριντό (Gr.m.)[rido]

5. pavillon (fr) > παβιγιόν (Gr.m.) [paviyon]

2.1.1 Remarques :

La plupart des emprunts lexicaux de la langue française s’adaptent aux règles morphologiques de l’idiome de Zakynthos (qui fait partie de la langue néohellénique) tandis que les emprunts vénitiens gardent leur particularité.

Au niveau de problèmes rencontrés, nous pouvons constater deux phases :

1. Au niveau du questionnaire

– ex. Question: qu’est ce que vous semble culturellement Vénitien/ ou bien Français dans votre île ?

Les habitants comprenaient qu’ils avaient des similitudes et des influences mais ils n’étaient pas en position de voir la subtilité3 ou même ils négligeaient l’histoire culturelle de l’île. Mais, en posant la question différemment dans la conversation et en faisant des liens sur leurs coutumes, j’ai obtenu des réponses satisfaisantes.

2. Au niveau du discours non dirigé : Exemple Question :

• Est ce que vous avez votre « nona » à Athènes ? / Έχετε τη γιάγια σας στην Αθήνα;

Mauvaise formulation de la question- je suis toujours l’étrangère pour eux et je n’ai pas le droit d’utiliser « leur langue », même qu’il s’agisse d’un idiome ou que je sois grecque donc la même origine…

J’ai donc reformulé la question en remplaçant le mot nona par yaya [γιαγιά] Gr.m. et j’ai obtenu la réponse satisfaisante. Réponse:

• En fait j’ai eu une grande mère/yaya à Athènes, elle est morte …il y a longtemps ; mais j’ai une nona à Zakynthos…[]

Et là nous pouvons comprendre que en changeant de position le comportement de l’interlocuteur change aussi.


3.MODÈLE PROPOSÉ

Reconnaissant que ces traces, emprunts, signes linguistiques représentent aujourd’hui au total un sociolecte de la région et en nous fondant sur la thèse de Sapir- Whorf que « l’idéologie de mots révèle l’identité de la culture » , nous tenterons de prouver que ce dialecte participe à l’identité interculturelle de l’île et qui finalement pose des questions sur la compétence interculturelle.

D’abord, de nos jours, il est souvent question de ce « modèle Interculturel » qui a été proposé avec enthousiasme par l’UE en 2008. Ce modèle a pour vocation d’assurer les lois et les mesures, de constituer l’antidote contre la mondialisation mal vue, de s’immiscer dans le système éducatif des sociétés multiculturelles. De plus, il vise la fortification des principes qui peuvent être exploités dans diverses manifestations de la vie sociale, économique et politique. À noter que ces principes incluent le cadre européen commun pour les langues qui concerne l’apprentissage d’une langue étrangère mettant en évidence diverses pistes d’exploitation de l’enseignement langagier et de l’évaluation. A cela s’ajoute l’existence d’un grand nombre de programmes interculturels et de pistes pédagogiques ayant comme principal objectif la compréhension des similitudes mais aussi des différences de « l’autre ».

Mais la compétence interculturelle peut-elle vraiment passer de la théorie à la praxis à travers les programmes européens? Supposons que le professeur de la langue étrangère, dans notre cas français ou bien italien, propose un programme d’interaction pour développer un but socioculturel, avec le pays de la langue source: croyez vous que son public – avec un comportement insulaire et isolé pour le cas dialectal, est prêt à extérioriser ou même à réaliser leur particularité pour pouvoir communiquer ?

Et, la psycholinguistique l’estime inenvisageable ; car lors d’une recherche en terrain nous observons les problèmes et les barrières d’un comportement bien particulier ;

D’abord, il faut que nous acceptions que le public de lingua phones dialectaux-idiomes, sans les marginaliser, soit un cas à part et atypique. Leur interculturalité est la clé à la continuation de leur identité mais aussi pour le développement d’une compétence déjà innée…

Les problèmes rencontrés de psycholinguistique auxquels nous avons été confronté pendant la recherche nous aident à voir comment le public conceptualise leur particularité ; elle est exactement le contenu socioculturel ; il suffit de le mettre en ordre, de l’organiser pour que cela puisse trouver sa place…{}

Cette problématique sera à poser dans un autre axiome : sur le développement des valeurs à travers les savoirs être/événements socioculturels. Il est essentiel de développer chez les apprenants le goût esthétique de la langue cible systématiquement afin de leur montrer que chaque langue est le véhicule d’une civilisation et qu’elle est associée à la culture et à la société. Serait-il mieux que nous accordions plus d’importance à la politique éducative en classe ou avant tout, à une politique régionale ?

En Europe, il n’y a malheureusement pas de préservation des dialectes régionaux. Très peu parmi ceux-ci en Europe sont officiellement enseignés à l’école. Souvent, il n’y pas le temps, en négligeant les vrais besoins linguistiques d’un locuteur, les politiques éducatives sont strictes et très mal organisées. La loi de 1951 en France, relative à l’enseignement des langues et des dialectes locaux, dite loi Deixonne, et finalement la loi Toubon vise deux objectifs : d’abord défendre la langue française, et ensuite, protéger les langues régionales. Cette loi apparaissait à l’epoque à la fois comme une loi linguistique et une loi scolaire. Mais l'application est très compliquée pour plusieurs raisons:

1. le Parlement malheureusement a fait cette loi à contre­cœur et dans l'application les autorités cherchent des excuses pour ne pas la réaliser

2. les minoritaires sont mal organisés .

3. ils présentent souvent leur demande de manière agressive pour montrer qu'ils ont raison contre l'Etat et non pour que les choses marchent.

Avec une exception en Alsace ou cette loi a tres bien fonctionné dans les ecoles regionales. Donc, une telle loi appliquée pour tout les dialectes en Europe, je ne suis pas certaine qu’elle pourrait fonctionner…Mais pour traiter cette question une strategie precise s’impose. En revenant sur le terme d’ «anthropologie» de la première définition d’interculturalité, nous allons voir qu’il est également bien impliqué pendant la recherche sociolinguistique mais aussi au développement de la compétence interculturelle…[]

Une solution monodimensionelle me parrait irréalisable parce qu’il faut une collaboration de deux parties:

• Au niveau national, l’introduction de la matière d’anthropologie; L’école ne saurait représenter le lieu d’acquisition d’un savoir encyclopédique sur les cultures du monde; Toute accumulation de ce type de connaissances ne permet que de faire de vaines compilations fournissant, le cas échéant, des outils de renforcement des stéréotypes; elle ne préparent aucunement au vécu de la rencontre avec l’Autre, porteur de cultures étrangères. Selon, Vinsonneau, l’acquisition d’informations à propos de la réalité des cultures, telles qu’elles apparaissent aux anthropologues, doit donc constituer un repère de départ non pas en vue d’édifier des catégories réifiantes et hierarchissantes, mais pour prendre conscience de leur interprétation et de leur incessant dynamisme.

• Au niveau regionale, leur contribution me parrait indispensable. Revenons sur les valeurs, selon G. Verbunt , la différence entre la culture à propos de valeurs existe. Elle se situe aux niveaux d’une part de leur hiérarchie et, de l’autre, du contenu et de l’expression…[] Ex. Le cas de Zakynthos: En utilisant les éléments trouvés pendant la recherche lors de la phase d’ethnographie concernant l’histoire culturelle et les emprunts lexicaux de l’île et prenant en compte le fait que l’idéologie des mots révèlent l’identité culturelle nous pouvons proposer, avec l’aide régionale, d’autres perspectives socioculturelles; 1) des manifestations médiévales qui ont lieu chaque année à l’île de Zakynthos et 2) des ateliers linguistiques. Concernant le festival appelé ‘Giostra’, qui est parmi l’un des plus anciens d’Europe, qui représente une place conséquente dans la vie régionale. Et en même temps et dans ces principes toujours, les ateliers linguistiques gagnent avec cette façon un aspect moins strict et imposant contrairement au cadre scolaire. En conclusion, les dialectes ou bien les idiomes sont des langues à part, des langues atypiques de la même langue source; et quelle que soit la façon de les aborder il faut qu’ils soient analysés par des spécialistes en premier lieu et ensuite par de véritables parleurs qui maîtrisent leur langue mieux que tout autre personne. Et à ce niveau, des méthodes didactiques bien précises peuvent probablement trouver leur place…

 

Referencias bibliográficas

Labov, W. (1973). Sociolinguistique. Paris : Les Editions de Minuit.

Bachamann, C., Lindenfeld, J., Simonin, J. (1981). Langage et communications sociales. Paris : Hatier , p. 35 (reference sur Hymes et son article: The scope of sociolinguistics)

Congrés International du dialogue Interculturel (2008). Année Européenne du dialogue interculturel: communiquer avec les langues – cultures. Thessalonique: University Studio Press

Vinsonneau, G. (2000). Culture et Comportement. Paris : Armand Colin/VUEF , p. 174 et p. 148

Beacco, J-C., (2000). Les dimensions culturelles des enseignements de langue. Paris:Hachette

Sapir E. (1961). Culture, Language and Personality. California: University Press

http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2008/04/label­langues/index.html

Georgogiannis, P. (1999). Problèmes de l'éducation interculturelle. Athènes : Gutenberg

Verbunt, G. (2001). La société interculturelle. Dijon : Soutrenon. p.164­-178

ANEXO

1 Nous proposons ce modéle pour tout autre cas en Europe et non insulaire aussi;

2 L’enregistrement de toutes les entrées est calculé sur environ 500 emprunts d’origine latine principalement Vénitienne et Française. Celui-ci a été plutôt long. 3 Subtilité: dans le sens du comportement. voir Culture et Comportement, Vinsonneau G.